Quand vous venez chercher vos médicaments avec une ordonnance, deux payeurs entrent en jeu : l’Assurance Maladie (la « Sécu ») et votre complémentaire santé (la « mutuelle »). Grâce au tiers payant, vous n’avancez le plus souvent rien. Voici l’essentiel pour comprendre ce qui reste à votre charge.
Combien rembourse la Sécu ?
En règle générale, un médicament n’est remboursé que s’il est prescrit sur une ordonnance et inscrit sur la liste des médicaments remboursables. Le taux dépend du service médical rendu, c’est-à -dire de l’intérêt du médicament évalué par la Haute Autorité de santé :
- 100 % pour les médicaments reconnus irremplaçables et coûteux
- 65 % pour un service médical rendu majeur ou important : c’est le cas de la plupart des médicaments
- 30 % pour un service médical rendu modéré
- 15 % pour un service médical rendu faible
Le taux est calculé sur le prix fixé par l’État (la base de remboursement). Les médicaments achetés sans ordonnance, l’homéopathie et la parapharmacie ne sont pas remboursés par la Sécu. Exception notable : la contraception d’urgence, délivrée sans ordonnance, gratuite pour les mineures et prise en charge à 100 % pour les majeures sur présentation de la carte Vitale.
Qu’est-ce que la franchise ?
Sur chaque boîte remboursée, l’Assurance Maladie retient une franchise de 1 €. Elle est plafonnée à 70 € par an et par personne. Vous n’avez rien à payer en plus à la pharmacie : la franchise est déduite d’un de vos remboursements. Vous pouvez suivre ce qui a déjà été retenu dans votre compte ameli.
Les mutuelles ne la remboursent pas, sauf exception. En revanche, certaines personnes n’en paient pas :
- les moins de 18 ans
- les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) ou de l’aide médicale de l’État
- les femmes enceintes, du 1er jour du 6e mois de grossesse jusqu’au 12e jour après l’accouchement
Et la mutuelle ?
La part que la Sécu ne rembourse pas s’appelle le ticket modérateur. Votre complémentaire santé peut la prendre en charge, selon votre contrat :
- pour les médicaments remboursés à 65 %, les contrats dits « responsables » doivent compléter jusqu’à 100 % de la base de remboursement ;
- pour ceux remboursés à 30 % ou 15 %, ce n’est pas obligatoire. La plupart des contrats le font quand même, mais vérifiez la ligne « pharmacie » de votre tableau de garanties.
Exemple : une boîte à 10 € remboursée à 65 %.
- La Sécu rembourse 6,50 €, moins 1 € de franchise : 5,50 €
- Votre mutuelle verse le ticket modérateur : 3,50 €
- Il vous reste 1 € : la franchise
Le tiers payant, comment ça marche ?
Le tiers payant veut dire que la pharmacie se fait payer directement par la Sécu et par votre mutuelle, à votre place. Au comptoir, vous ne réglez que ce qui n’est couvert par aucune des deux.
Pour en bénéficier, présentez :
- votre carte Vitale à jour, pour la part de la Sécu ;
- votre carte de mutuelle (ou attestation) en cours de validité, pour la part complémentaire.
Sans carte Vitale à jour, le tiers payant peut vous être refusé : vous avancez alors les frais et vous êtes remboursé ensuite. Pensez à mettre à jour votre carte au moins une fois par an, et après tout changement de situation (déménagement, naissance, changement de régime).
Le détail de ce qui a été facturé figure au dos de votre ordonnance, sur le ticket Vitale : prix de chaque médicament et taux appliqué.
Et si je refuse le générique ?
Quand un médicament générique existe, nous vous le proposons : il contient la même substance active, à la même dose. Si vous le refusez :
- vous perdez le tiers payant : vous payez la totalité, puis vous êtes remboursé via une feuille de soins papier, donc plus lentement ;
- vous êtes remboursé sur la base d’un tarif de référence, le même pour le générique et le médicament d’origine : si celui-ci est plus cher, la différence reste à votre charge.
Votre médecin peut écrire « non substituable » sur l’ordonnance, mais seulement pour certains motifs médicaux précis, indiqués sur l’ordonnance. Dans ce cas, vous gardez le tiers payant.
En affection de longue durée (ALD) ou avec la C2S ?
En ALD, les médicaments liés à votre maladie sont pris en charge à 100 % de la base de remboursement. Ils figurent dans la partie haute de l’ordonnance (dite « bizone ») ; ceux de la partie basse sont remboursés au taux habituel. La franchise s’applique quand même. Depuis le 1er octobre 2026, les médicaments à service médical rendu faible ne sont plus pris en charge à 100 % en ALD : ils sont remboursés à 15 %, comme pour tout le monde.
Avec la C2S, vous ne payez pas vos médicaments remboursables à la pharmacie, et la franchise ne s’applique pas. Elle est gratuite ou coûte au plus 30 € par mois et par personne, selon vos ressources et votre âge. La demande se fait sur votre compte ameli ou auprès de votre caisse.
Ce qui change au 1er janvier 2027. Les médicaments aujourd’hui remboursés à 30 % le seront entre 5 et 15 %, et ceux remboursés à 15 % entre 3 et 7 %. L’Assurance Maladie doit encore fixer le taux exact. Les médicaments remboursés à 65 % et 100 % ne sont pas concernés. Selon la notice du décret, les femmes enceintes, les bénéficiaires de la C2S et les personnes en ALD (pour les médicaments liés à leur maladie) gardent leur prise en charge. Nous mettrons cet article à jour dès que les taux seront connus.
Une question sur un remboursement, un reste à charge qui vous surprend ou votre carte Vitale ? Venez en parler avec nous à la Pharmacie Lamy : nous vérifions avec vous ce qui a été pris en charge.
Sources
- Service-public.fr : Remboursement des médicaments (vérifié le 1er octobre 2026)
- Assurance Maladie : La franchise médicale
- Assurance Maladie : La Complémentaire santé solidaire
- Assurance Maladie : Affection de longue durée
- DREES, La complémentaire santé, édition 2024 : fiche 25, La prise en charge des médicaments
- Service-public.fr : Contraception d’urgence (vérifié le 29 juin 2026)
- Sante.fr : Peut-on refuser le remplacement d’un médicament par un générique ?
- Ordre national des pharmaciens : Médicaments à SMR faible prescrits pour une ALD : fin d’exonération du ticket modérateur (décret n° 2026-285 du 16 avril 2026)
- Journal officiel : décret n° 2026-811 du 21 août 2026 (taux de remboursement des médicaments à service médical rendu modéré ou faible au 1er janvier 2027)
- Code de la santé publique : article L5125-23 (substitution par le pharmacien, que le prescripteur peut exclure par une mention expresse et justifiée)